Venise
« VEDUTE VENEZIANE »
Dans ses impressions de Venise, souvenirs de plusieurs séjours dans la Sérénissime, Maurice Bonnet passe volontiers de formes très précises à des suggestions assez libres où s’équilibrent forme et mouvement.
L’architecte montre souvent le bout du nez, dans une sorte de fascination de la pierre. Mais parfois, au contraire, le trait se fait onduleux et ample, dans un besoin de liberté qui autorise la fantaisie, la déformation, voire un regard naïf sur la nature.
Le dessin s’estompe pour laisser la place au rêve.
Jeux d’eau et façades se confondent, parfois comme les reflets d’un miroir.
Le décor du théâtre vénitien s’ouvre sur l’harmonie. Le peintre pour avoir aimé la ville, nous invite à parcourir ses dédales, ses vertiges.
Mais l’on perçoit aussi, dans l’incessant dialogue de la pierre, du ciel et de la mer, éléments en permanence agités, ciels parcourus de de nuages sombres, eau fiévreuse, gris-vert et trouble, la disparition inéluctable d’une ville appelée à l’engloutissement.
Et c’est sans doute, dans cette évocation silencieuse d’une implacable vérité, dépourvue de toute concession à l’enjolivure et à l’exotisme touristique que ce travail tire sa véritable force.





















